rechercher

lettre d'information

couverture de CE QU'EST L'ART
224 pages - 22,00 €
Post-éditions

CE QU’EST L’ART

Postface d’Olivier Quintyn

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Séverine Weiss

« Selon Danto, la pertinence même de la notion d’esthétique a été largement mise à l’épreuve au cours du vingtième siècle. Les ready-mades de Marcel Duchamp constituent ainsi à ses yeux l’exemple même de la façon dont l’art a pu se désolidariser des questions de “beauté” et de “goût” auxquelles s’accrochait farouchement l’esthétique traditionnelle. Et, dans le même temps, les questions posées par la philosophie n’ont cessé de se révéler toujours plus pertinentes, au regard des bouleversements dont l’art a été le théâtre. » Joseph Tanke

Ouvrage publié en coédition avec Questions Théoriques.

Que signifie au juste « être une œuvre d’art » ? Telle est la question posée ici par Arthur Danto. Mêlant réflexions philosophiques et anecdotes plus personnelles, Ce qu’est l’art remet en question l’idée communément répandue selon laquelle l’art serait un concept impossible à définir, au profit d’une argumentation essentialiste, mettant en lumière des propriétés universelles des œuvres d’art.

Pour Danto, toute œuvre d’art, quelle que soit la façon dont on la considère, peut être définie selon deux critères essentiels : la signification, d’une part, et l’incarnation de cette signification, d’autre part, auxquelles vient s’ajouter la contribution interprétative du regardeur.

L’une des grandes qualités de Danto est de toujours procéder de façon remarquablement accessible. Partant de la définition philosophique de l’art donnée par Platon dans sa République, Arthur Danto en retrace une histoire qu’il conçoit d’abord comme une succession de découvertes mimétiques, de l’invention de la perspective à celle du clair-obscur, en passant par les avancées opérées dans l’art du portrait. À l’appui de cet examen poussé de la richesse et de l’université du concept d’art, Arthur Danto convoque aussi bien des philosophes – Descartes, Kant, Hegel, Heidegger ou Charles Sanders Peirce – que des artistes – de Michel-Ange à Warhol, en passant par Poussin, le Lorrain ou Marcel Duchamp. Pour conclure, Danto revient une nouvelle fois sur l’un de ses exemples favoris : celui des Boîtes Brillo d’Andy Warhol, objets d’art indiscernables, visuellement, des objets qui les entourent, et pourtant définitivement – car philosophiquement – distincts.

« Ne décrivez plus jamais Danto comme un spécialiste en esthétique, fût-ce pour dire qu’il est le plus grand spécialiste en esthétique de tous les États-Unis. Danto y insiste dans son dernier livre, Ce qu’est l’art : ses travaux ont bien moins à voir avec l’esthétique qu’avec la philosophie de l’art. Car pour lui, ces deux termes, si souvent considérés comme de quasi-synonymes, ont en réalité bien peu à voir l’un avec l’autre. D’un côté, l’esthétique, convoquant des notions telles que celles de plaisir et de sensations, part du principe que certaines formes sensibles seraient préférables, “plus belles” ou “meilleures” que d’autres. De l’autre, la philosophie de l’art s’intéresse à des questions d’ontologie et cherche à déterminer ce qui distingue les objets d’art des autres objets, dans le but sans cesse poursuivi de répondre à une question : qu’est-ce qui fait de l’art, de l’art ?

Selon Danto, la pertinence même de la notion d’esthétique a été largement mise à l’épreuve au cours du xxesiècle. Les ready-mades de Marcel Duchamp constituent ainsi à ses yeux l’exemple même de la façon dont l’art a pu se désolidariser des questions de “beauté” et de “goût” auxquelles s’accrochait farouchement l’esthétique traditionnelle. Et, dans le même temps, les questions posées par la philosophie n’ont cessé de se révéler toujours plus pertinentes, au regard des bouleversements dont l’art a été le théâtre.

Danto plaide ici pour un véritable essentialisme, en vertu duquel il serait possible de parvenir à une définition de l’art valable pour toutes les œuvres, tous les temps et tous les lieux. Ses prédécesseurs n’ont cessé, selon lui, de lier leurs définitions de l’art à des phénomènes contingents – la plupart du temps, des qualités esthétiques uniquement liées à l’époque dans laquelle vivaient ces philosophes –, au lieu de les rapporter à des qualités véritablement essentielles. C’est ainsi que, contemplant les statues particulièrement ressemblantes qui ornaient les lieux publics de la Grèce ancienne, Platon a cru pouvoir établir que l’essence de l’art avait à voir avec quelque chose comme l’imitation. Or, après avoir examiné et écarté plusieurs définitions, Danto en arrive à ce qui, selon lui, définit au plus près l’articité de l’art. Cela tient en quelques mots : les œuvres d’art sont des significations incarnées. À ce titre, elles appellent, de la part du spectateur, un acte d’interprétation visant à saisir l’intentionnalité qui y est encapsulée.

Au gré d’une histoire philosophique de l’art, Arthur Danto passe en revue quelques-unes des questions fondamentales que posent la restauration de la chapelle Sixtine, les ready-mades de Marcel Duchamp ou les expérimentations d’Andy Warhol. Dernier ouvrage publié du vivant de son auteur aux États-Unis, Ce qu’est l’art en est aussi l’un des plus passionnants, et des plus accessibles.  »

(Traduction partielle de l’article « The Artness of Art : Arthur Danto’s “What Art Is” », de Joseph Tanke, publié sur le site Art in America de la John F. Kennedy University de Californie.)

Édition originale : Arthur Danto, What Art Is, Yale University Press, 2013.

Recension par Géraldine Mosna-Savoye, dans Les nouveaux chemins de la connaissance sur France Culture (3 juin 2015, minute 50) :

Recension par Aliocha Wald Lasowski dans l’Humanité (30 juin 2015).

"L’art mis en boîte", article de Marc Jimenez sur La vie des idées (décembre 2015).

Editeur : Post-éditions
Prix : 22,00 €
Nombre de pages : 224 pages
Date de parution : 15 mai 2015
ISBN : 979-10-92616-07-1
EAN : 9791092616071